Comment renforcer l'estime de soi et l'empowerment par le jeu ?
- Pauline Syemons

- il y a 4 jours
- 5 min de lecture
"Boostez votre estime de soi", "reprenez confiance en vous", "renforcez l'empowerment" ou l'empouvoirement en français : des promesses faciles à répéter mais pas toujours évidentes à mettre en pratique. Le jeu est un excellent outil et la ludopédagogie un moyen parfait pour travailler les compétences pyschosociales dont l'estime de soi, la prise de parole en public et l'affirmation de soi. On vous en dit plus sur les outils Désclic sélectionnés pour renforcer la confiance en soi et surtout comment on les utilise.

Autrice : Pauline Syemons, Responsable des formations Désclic
Issue de l’éducation populaire, ma motivation c’est d’améliorer la société en favorisant l'esprit critique et l’autonomie. Si en plus, on peut le faire en s'amusant !

Estime de soi et pouvoir d'agir (empowerment), des compétences psychosociales à développer
Les compétences psychosociales se divisent en trois grandes catégories selon Santé Publique France : cognitives, émotionnelles et sociales afin qu'à tout âge, on puisse travailler nos capacités à se connaitre et à interagir avec les autres de manière intelligente et efficace.
Les compétences cognitives visent à une meilleure connaissance de soi : connaitre nos forces et nos faiblesses permet une meilleure maitrise de soi et donc des prises de décision constructives. L'image positive de soi et l'affirmation de soi sont des choses qu'on peut inculquer aux enfants dès le plus jeune âge. Cela leur permettra de développer en toute sécurité une autonomie bienveillante envers eux-mêmes et d'améliorer ensuite leur relation avec les autres. Tout au long de la vie, on continue de stimuler la confiance en soi pour que chacun puisse s'affirmer suffisamment pour prendre ses décisions dans toutes les sphères de sa vie.
On parle souvent d'empouvoirement ou d'empowerment qui est un terme issu des luttes militantes féministes et pour les droits civiques aux USA théorisé notamment par Bacqué et Biewener. Il vise à passer d'une posture subie à une posture d'acteur de sa propre vie. Il y a d'ailleurs trois niveaux à cette reprise de pouvoir : individuellement prendre conscience de sa valeur, collectivement créer un réseau positif où on se porte les uns et les autres et enfin à l'échelle politique, agir sur nos environnements. Cela s'applique donc particulièrement aux minorités discriminées pour lesquelles ce chemin d'auto-valorisation demande parfois plus d'accompagnement.
La ludopédagogie au service de l'affirmation de soi
Les jeux de mise en valeur
Ce que j'aime beaucoup dans les outils que nous allons vous présenter, c'est qu'ils sont tous très positifs. Valoriser des individus, se valoriser soi-même, c'est toujours un enjeu extrêmement joyeux. Utiliser la pédagogie par le jeu permet une entrée ludique loin des discours qui sont censés insuffler de la confiance. Nos outils encouragent l'expérience positive de trouver, de dire ou d'entendre des mots positifs. C'est le cas avec Totem. C'est le jeu qui donne le sourire par excellence : on se donne ou on donne à notre voisin un totem animalier ainsi qu'une qualité : tout n'est que positif.
Soit on se doit de trouver les qualités qui nous correspondent le mieux
Soit le groupe nous reconnait nos qualités
En fonction du temps dont vous disposez, vous pouvez laisser les participant·es expliquer leurs choix et animer une discussion autour des qualités dans nos contextes de vie (personnelle et au travail) ou souligner l'importance de mettre en valeur nos qualités et celles des autres.

Totem s'adapte parfaitement à des adolescent·es et des adultes grâce à des centaines de cartes qualités vous pouvez l'utiliser dans divers contextes : groupes de parole, accompagnement d'insertion socio-professionnelle, formations, cohésion professionnelle... Sa déclinaison Totem Junior avec des cartes qualités simplifiées permet une utilisation avec les enfants à travers laquelle on peut appuyer sur la bienveillance et l'acceptation de tous·tes.
Plus classiquement, vous avez des jeux de photolangages qui permettent aux participant·es de se poser des questions, de se positionner et d'exprimer ensuite leurs choix. Notamment avec le trio : le jeu des émotions, le jeu des qualités et le jeu des besoins. Avec cet équipement "de base" pour aborder les compétences psychosociales vous poussez les joueur·ses à exprimer ce qu'ils et elles ressentent, affirmer leurs qualités et identifier leurs besoins et comment les exprimer. Les nombreuses possibilités d'animation en font un outil tout terrain où chaque boite peut être utilisée seule ou en complémentarité avec les autres; et en faisant un tri dans les cartes, les jeux s'utilisent avec tous les publics.

Les jeux de répartie
L'empouvoirement c'est aussi de pouvoir s'exprimer, avoir suffisamment confiance en soi pour se mettre en position d'agir, de répondre. C'est pour cela que j'ai choisi de vous présenter les jeux de répartie du catalogue Désclic. Ils fonctionnent presque tous de la même manière : des cartes "attaques" qui soulignent en général des discriminations (sexisme, racisme, validisme, grossophobie, etc) et, en face, à nous de répondre en faisant preuve de créativité!
Ce genre de mécanique s'adapte à chaque âge, notamment grâce à la série TAkAttAk: avec TAKAPA, on s'adresse aux enfants en leur proposant diverses stratégies de réactions (fuite, humour, dédain, etc.). Pour les plus jeunes, on conseille aussi souvent Paroles de héros qui ajoute des propositions de réponses aux remarques reçues.
Pour les jeunes ados, TAkAttAk à la récré vient proposer des piques sur tous les sujets alors que La Relève vient se centrer sur les remarques à caractère sexistes et sexuelles. En plus de mieux armer les jeunes à répondre et donc à renforcer leur estime d'eux-mêmes dans leur capacité à faire, ces jeux génèrent aussi l'empathie pour les personnes concernées et préviennent ainsi le harcèlement.
Enfin TAKATTAK trash concerne plutôt les adultes avec des situations plus difficiles à aborder. A manier avec précaution en fonction de son public, bien trier les cartes voire adapter les règles du jeu. C'est aussi un jeu qui amène beaucoup de rires et de bonne humeur alors qu'il vient également aborder les discriminations. Pour un focus sur le harcèlement sexiste et sexuel dans la rue ou dans le monde du travail, Moi c'est Madame propose une modalité avec des réponses proposées.
Les jeux de discussion
Une mécanique de jeu plus simple, plus légère mais très efficace pour un usage rapide en "brise-glace" par exemple, ce sont les petits jeux de discussion de la collection minus. Par exemple Qui de nous... ou Tu me connais qui se jouent rapidement, on choisit quelques questions plus ou moins légères en fonction de nos objectifs et cela nous permet de commencer ou clôturer une séance. Le but est de faire parler les personnes d'elles-mêmes et d'insister sur les compétences psychosociales cognitives de connaissance de soi, d'estime de soi et certaines boites de la collection encouragent la prise de position comme Pour ou Contre.

BéaBonheur propose quant à lui un angle très doux et très axé sur des petits bonheurs à partager : on adore son compteur de bonheurs à utiliser sur un stand ou avec un groupe de jeunes avec une contrainte de rapidité par exemple. Encore une fois, l'objectif du jeu est de mettre au centre l'expérience des participant·es, leurs vécus sont importants et intéressants à partager avec le groupe. On note aussi le focus possible sur la prise de parole en public.
Pour aller plus loin
Quels que soient vos objectifs, votre temps, votre public ou vos envies d'animation, nous pouvons vous accompagner pour mener à bien vos projets.
Si vous souhaitez en savoir plus sur ces outils ou en découvrir d'autres, vous pouvez visiter la boutique Désclic sur notre site internet, ou contacter notre référent catalogue.
Nous vous proposons aussi de vous former à l'utilisation de ces jeux ou de venir les animer directement auprès de vos publics...


